Les Français craignent les impôts en temps de crise ou comment découvrir la Lune pour justifier le sarkozysme
Pourquoi donc des gens qui ont probablement fait des études supérieures et soupé des dissertations, n’en appliquent-ils par le B.A.BA à la lecture des sondages publiés dans le presse, à commencer par celle préconisant d’interroger les termes de l’énoncé ?
Publié le 27 janvier sur Le Figaro.fr, un sondage Ifop avait été présenté sous le titre “La dette au coeur des préoccupations des Français”. Un titre inexact, pour commencer, puisqu’il ne s’agissait pas de comparer divers sujets : on ne savait pas où placer le chômage ou les retraites dans ces préoccupations. Simplement, 75% des Français se déclaraient inquiets de cette dette qui monte. Et, pour résoudre cette question, 92% s’avouaient favorables à la réduction des dépenses plutôt qu’à l’augmentation des prélèvements.
Ce qui donnait l’occasion au blogueur Rubin Sfadj d’affirmer dans un billet que “la démagogie ne [faisait] plus recette”, puisque ce sondage montrait selon lui, à l’évidence, que les Français voulaient une réduction des dépenses publiques. Or, c’est extraire à la tenaille intellectuelle, et sans anesthésie, le principe du vote négatif : combien des 92% interrogés ont choisi “réduire les dépenses”, car ils craignent l’augmentation des impôts ? Que se serait-il passé si une troisième proposition avait été faite, comme “taxer les entreprises du Cac 40”, par exemple ? Les votes “non” à l’augmentation des impôts se seraient répartis d’une autre manière et l’argument suprême du “ah, vous voyez bien”, aurait eu du mal à prendre son envol.
Seulement voilà : avec un directeur de la rédaction qui grommèle tous les dimanche sur RTL sa colère contre un service public qu’il juge obèse, Le Figaro pouvait difficilement présenter les précautions face à une telle aubaine statistique. Sans compter que, à la lecture des graphiques, il apparait que l’échantillon interrogé avait un avis très tranché puisqu’aucun “ne se prononce pas” n’y figure. Une preuve de plus, vous diront les tenant de cette thèse, que les Français ne pensent qu’à ça !