Incroyable : plutôt que de s’inquiéter des déficits, les Français se préoccupent de chômage, de pouvoir d’achat, d’inégalités et d’insécurité ! “Est-ce l’approche des fêtes de fin d’année ou une certaine forme de “zénitude” ?”, s’interroge le journaliste des Echos désemparé devant le sondage BVA paru mardi 21 décembre dans son journal.
A côté de cette colonne de densité de l’opinion au fond de laquelle tombe (à 11%) la poursuite de la réduction du nombre de fonctionnaires, un camembert donne le fond de l’idée : pour 17% des Fr. interrogés seulement, l’action du chef de l’Etat a été positive pour lutter contre le chômage. Pour 34% elle a été négative et pour 42%, elle a été sans effet.
C’est pourtant d’un bon millier de signes que le journaliste se gratte le Capital pour comprendre, avançant l’hypothèse d’un recul de 7,7% du PIB à 6% en 2011 qui n’aurait rien pour “affoler les sondés”. Peut-être, simplement, parce que la réduction des déficits (et celle du nombre de fonctionnaires) est précisément l’inverse de ce qu’on appel un enjeu de civilisation. Dans ce milieu de page, entre l’analyse et les réponses, se trace la ligne entre la perception respective de deux mondes : celui de la “gestion de la société”, du côté des politiques et de certains économistes, et celui de la “société” tout court, du côté des sondés.