La bande annonce du dernier Michael Moore sonne creux : entre le bonhomme aux yeux écarquillés et la crise financière, il n’y a plus presque plus d’autres figures qui s’interposent pour ancrer le “doc” dans la réalité qu’il tente de décrire.
Le seul outil de Moore, c’est son haut-parleur, sa caméra, sa grande gueule… La démonstration sera peut-être forte, comme dans Bowling for Colombine, mais, depuis Farenheit 9/11, j’ai l’impression que ses films déconstruisent leur propre fondement : ils décrédibilisent la mise en scène du journalisme.
Moore n’est pas comme Gordon Spurlock ou A.J. Jacobs qui utilisent des principes de sociologie participative pour se lancer dans le “reportage intérieur” d’une autre manière de vivre, que ce soit comme un accroc au Mc Do ou un chrétien appliquant littéralement la Bible.
Michael Moore est Michael Moore, c’est son métier et presque sa seule production cinématographique. Heureusement, la production documentaire américaine se renouvelle : Colin Beavan s’impose dans No Impact Man une vie de sobriété énergétique rigoureuse d’où découle une nouvelle manière d’être, pour lui et sa famille. Sortie aux Etats-Unis le 11 septembre. Une bonne date pour un passage de relais.