Pour (vraiment ) réformer le capitalisme, demandez à Nassim Taleb !
Réguler les échanges, surveiller les agences de notation… bla bla bla… La série d’entretiens intitulés Le monde d’après qui paraît chaque jour dans La tribune commençait un peu à tourner en rond. Malgré des tentatives d’éclectisme (Todd, Stiegler, etc.), les propositions des «penseurs» pour imaginer une vraie réforme du capitalisme et diagnostiquer celle que le G20 a prétendu mettre en place relevaient d’un même refrain, soit libéral, soit anti-capitaliste, qui, sans être inintéressant, sortait peu des sentiers battus. Puis, le 11 août, alors que la pluie battait la Bourse de Paris, Nassim Taleb a fait ses propositions. Et quelles propositions :
- transformer la dette en fond propres
- interdire les LBO (achats par effet de levier sur la dette)
- supprime le prix Nobel d’économie
- reprendre les bonus aux fauteurs de crises, etc.
«On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs !», prévient le philosophe. La recette de Taleb donne en tout cas faim de changement et, en lisant la détermination du philosophe, on se dit que beaucoup on l’air de craindre de faire bouger quoique ce soit. «Les traders ont fait des centaines de millions de dollars de profits pour des erreurs qui nous ont causé des milliards de dollars de pertes», rappelle-t-il. Taleb propose un système où les banques ne prennent pas de risque et où les entrepreneurs assument leurs décisions. Du vrai changement. Mais reste à savoir qui est prêt pour ça.