Mogigraphies

n.f. (mo-ji-gra-fie)

* Terme de médecine. Crampe des écrivains

Nov 18

Oct 30

Oct 2
Quand la facilité des moteurs de recherche conduit au manque d’originalité voire à l’uniformisation…
« Si vous vous apprêtez à illustrer votre article / billet de blog sur la musique avec cette photo, je vous encourage à essayer d’être original et à chercher une autre image car elle ci a été utilisé tellement tellement tellement de fois ! »
Légende de cette photo trouvée en cherchant : “music” sur FlickR avec les critères Creative content et Utilisation commerciale.

Quand la facilité des moteurs de recherche conduit au manque d’originalité voire à l’uniformisation…

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Sep 27

Une citerne de lait au soleil

Au pied de Marianne se déversait du lait. Quelques policiers tentaient de dévier à la marge les voitures qui risquaient de renverser les journalistes ou les gens venus près de la citerne de la Confédération paysanne garée au nord du rond-point central de la place de la République. Une foule compacte de personnes s’écrasait elle-même contre une rangée de tables, chacun levant en l’air sa bouteille, son bidon, son jerrican, pour « entrer dans la file », pour recevoir un peu de lait normand distribué gratuitement : la police n’avait pas jugé utile d’arrêter la circulation.

Un grand bras métallique avait été déployé du cul de la citerne duquel pendait une dizaine de tubes souples que des bénévoles d’une ONG et des anonymes en t-shirt Confédération paysanne trayaient pour remplir les contenants amenés par les gens. Les gens, eux, poussaient ceux des premiers rangs dont le ventre se pliait sur les tables délimitant le service, que les bénévoles retenaient, de peur qu’elles ne les coincent contre la citerne. Du « couloir technique », ménagé le long de la citerne, côté nord, une syndicaliste agricole allait et venait avec un porte-voix pour appeler les gens au calme. « C’est fou. » Les passants n’en revenaient pas.

De l’autre côté du bras, sur le troisième côté du cul de la citerne, les journalistes, dos à Marianne, les pieds sur la route, shootaient la belle image du liquide blanc qui remplissait les bouteilles, jusqu’au petit surplus qui bondissait vivement hors du goulot pour se déverser sur la chaussée. Avec le soleil, les t-shirts jaunes des syndicalistes et le bitume sombre en dessous, ça faisait de très belles images. Surtout si la bouteille était en plastique coloré.

Mais derrière, derrière, les gens poussaient. Les gens, ils étaient vieux, jeunes pour certains, pas très bien habillés, beaucoup balbutiant quelques mots dans un français inexact… Ils voulaient du lait. Les caméras regardaient un peu les pauvres gens comprimés entre eux puis allaient voir les autres gens, mieux habillés, qui fuyaient avec un peu de dégout cette soupe populaire au grand jour. Un photographe arrêtait une jolie blonde qui ne devait pas avoir 22 ans, qui avait de très gros seins serrés dans un pull blanc. Avec la lumière, ça devait faire de très belles images.

Pendant ce temps, quelques pauvres gens contournaient la masse des autres pour essayer de faire passer leur bouteille par le côté des journalistes mais étaient rembarrés par les organisateurs. Au bout de 20 minutes, il y avait toujours autant de gens à tendre leurs bouteilles, peut-être plus, et ils poussaient fort et devaient crever de chaud sous le soleil. « Ne vous inquiétez pas : il y a plusieurs centaines de litres dans cette citerne, il y en aura pour tout le monde ! », essayait de rassurer la syndicaliste au haut-parleur. Je pense que ça ne servait à rien : les gens, eux, étaient sûr qu’il n’y en aurait pas assez.


Sep 26

Sarkozy : "pas le temps" pour la présomption d'innocence

Sarkozy a ironisé sur les “coupables” de l’affaire Clearstream.

Une fois de plus, il a prononcé un mot pour un autre. Il fallait lire en effet : “j’ai travaillé jour et nuit, je n’ai pas eu le temps de m’intéresser à cette polémique, sûrement passionnante, sur la présomption d’innocence.” Un peu de repos serait le bienvenue, en effet.


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